Région de Maradi/Niger : près de 20. 000 déplacés internes à cause de l’insécurité

La situation humanitaire de la région de Maradi au Niger se caractérise par la dégradation de la situation sécuritaire, causée par (i) l’action des groupes armés ; (ii) la quasi restriction de la mobilité sur toute la zone transfrontalière ; (iii) la non animation des marchés à bétail du fait de COVID -19 ; (iv) la fermeture de la frontière avec le Nigeria qui rend difficile l’accès aux intrants ; (v) l’affluence des pasteurs en débandade venant du Nigeria pour fuir l’action des Groupes Armés non étatique ; (vi) la dégradation des termes de l’échange en défaveur des pasteurs ; (vi) l’absence de soutien humanitaire en zone pastorale (ex : vente à prix modéré de son)  en dehors de quelques actions de l’Etat qui viennent de commencer, mais sur quelques sites.

Tous ces facteurs conjugués ont entrainé des mouvements des populations et des animaux. Ainsi pour les populations on enregistre à la fin du mois de Mai 19 688 déplacés internes et 2 977 réfugiés relocalisés au niveau des villages d’opportunité.

Il faut noter que cette situation n’intègre pas les pasteurs/transhumants chassés de leurs zones de replis stratégiques par les groupes armés non étatiques (GANE). Ces éleveurs ayant fui avec des milliers de tête de bétail ne sont pris en charge au niveau des sites et villages de relocations.

 

En ce qui concerne la situation pastorale, on assiste à un mouvement du cheptel.

Ainsi, en zone pastorale c’est-à-dire au niveau du département de Bermo; on observe une présence massive des animaux venant des autres régions du Niger notamment Tahoua, Zinder et Agadez. Selon les techniciens, le mouvement se focalise vers les endroits pourvus d’eau et/ou de pâturage. Et comme il fallait s’y attendre, cette concentration des animaux dans ces zones n’est pas sans conséquence : elle entraîne un surpâturage et une augmentation des besoins en eau des animaux, à tel point que les infrastructures ne peuvent pas répondre aux attentes des pasteurs.

En zones agro-pastorales et agricoles les  premières pluies enregistrées et la situation d’insécurité permanente dans toute la bande sud de la Région,  ont entrainé un départ précoce  des animaux vers le nord (la zone pastorale non encore arrosée). Les enclaves pastorales fermées et les champs de culture semés  tous les animaux se ruent les deux ressources stratégiques de la région qui risquent d’être un mouroir pour les animaux.

Il est tout de même à signaler que sur le plan de la santé animale, la situation est, selon le rapport, calme dans son ensemble en dépit de « quelques cas de foyers de clavelée enregistrés dans les départements de Bermo et Madarounfa. On note également quelques cas de piroplasmose bovine dans le département de Bermo ». Mais selon le rapport, ces foyers sont vite pris en charge par les services vétérinaires de la place.

Ce qui, par contre, est préoccupant, c’est le tarissement des mares semi permanentes. Face à cette situation, l’abreuvage des animaux est assuré à cette période par les stations de pompage, les Mini AEP, les puits villageois et pastoraux.

La conjugaison de tous ces facteurs fait que l’état d’embonpoint des animaux se dégrade au fur et à mesure. Actuellement, selon la Direction départementale  de l’élevage de Bermo, «L’état d’embonpoint des animaux varie de médiocre/maigre à mauvais pour l’ensemble des espèces ».

On enregistre une augmentation de l’offre, en matière d’animaux sur les marchés. Et tout naturellement les termes des échanges sont en défaveur de l’éleveur.  Par exemple la situation enregistré sur le marché de Bermo le Mardi 16/06/2020 se présentait comme suit :

  • Prix d’un sac de 50kg de son : 12000 FCFA
  • Prix d’un bouc adulte : 4000 FCFA
  • Prix d’un bélier adulte : 15000 FCFA
  • Prix d’un taureau adulte : 120 000 FCFA

Cette situation s’explique par la dégradation de l’état d’embonpoint des animaux, la faible demande sur les marchés due à la situation du COVID19 qui a entrainé la faible animation des marchés, le faible approvisionnement des marchés en aliment bétail et en vivres.

Comme on le constate donc, les pasteurs aussi font face à une situation pénible, qui nécessite une prise en charge rapide et soutenue.

Source : les informées et données ont été fournies par les acteurs de terrain du projet PAMOBARMA, composante 3 du PREDIP coordonnée par l’ONG acting For Life