Situation pastorale nettement améliorée depuis le mois d’août 2020 au Sahel et en Afrique de l’Ouest

Malgré le contexte de la crise sanitaire de la COVID-19, la situation pastorale s’est améliorée davantage depuis le mois d’août 2020 qui annonce la fin de la soudure pastorale avec la disponibilité de biomasse globalement satisfaisante, un bon remplissage des points d’eaux de surface, etc. Cependant, les restrictions de mouvements des éleveurs en lien avec la crise sanitaire ont retardé certains retours de troupeaux transhumants vers les pays du Sahel. Des troupeaux sont ainsi bloqués dans le nord du Togo et ne peuvent remonter vers les pâturages sahéliens (Burkina Faso, Mali et Niger).

En ce qui concerne la disponibilité de la biomasse, elle est jugée satisfaisante dans la plupart des pays de la région. Elle reste limitée à très limitée au Cap Vert, en Sierra Leone et dans certaines zones de la Gambie, du Sénégal (Saint Louis) et du Nigeria (Kaduna, Yobe et Sokoto Est notamment). Cette situation globalement satisfaisante est liée à l’installation de la saison pluvieuse. Si la disponibilité apparente est satisfaisante, la carte d’anomalie de biomasse au Sahel au 1er septembre 2020 fait apparaître des déficits importants de biomasse au Brakna et à l’ouest du Hodh el Chargui en Mauritanie ainsi que plusieurs poches déficitaires au Niger dans les régions de Tillabéry, Maradi et Zinder. Quelques poches de déficits de biomasse sont aussi présentes au Centre et Sud du Burkina Faso et au Nord du Tchad particulièrement dans les régions de Ennedi- Est et Ennedi- Ouest. En revanche, la production de biomasse dans le Nord du Mali est particulièrement abondante.

L’installation de la saison pluvieuse et la disponibilité fourragère apparente ne doivent pas masquer l’impact encore marqué de la difficile campagne pastorale 2019 avec une récupération lente de l’état d’embonpoint des animaux. La façon dont va se poursuivre la saison des pluies sera déterminante dans la disponibilité des stocks de biomasse pour la saison sèche.

 L’accès au pâturage s’est nettement amélioré au cours du mois d’août 2020, en liaison avec la bonne disponibilité de biomasse. En raison de l’insécurité civile, l’accès des animaux aux parcours pastoraux demeure difficile dans les zones pastorales au Mali, au Niger, au Nigeria et dans de nombreuses régions du Burkina Faso. Dans les zones agricoles, les déplacements sont rendus difficiles avec les intenses activités agricoles qui demeurent des facteurs de risques de conflits avec les mouvements des troupeaux. Les données disponibles indiquent des situations qui demeurent « difficiles » dans certaines zones du Niger et du Burkina Faso, avec des difficultés d’accès aux pâturages en raison de l’insécurité civile (et par conséquent des concentrations élevées d’animaux dans les zones de replis).

Relativement à la situation de la transhumance transfrontalière, elle est interdite sur l’ensemble du territoire au Bénin. Elle est également interdite au Niger dans les zones de Bosso, Diffa, Diffa commune, Goudoumaria, Maïne Soroa, N’Gourti et N’Guimi. Dans le reste de la région, la transhumance transfrontalière demeure difficile principalement en raison de l’insécurité civile dans le Sahel central (Mali/Niger, Niger/ Burkina Faso et Burkina Faso/Mali), de la campagne agricole et des risques associés au passage dans les zones agricoles à cette période de l’année.

Dans l’ensemble, la saison pluvieuse depuis le mois d’août 2020 a entraîné une amélioration nette de la situation pastorale en termes de disponibilité de biomasse, et de remplissage et d’accès aux points d’eau de surface. Toutefois, Il demeure nécessaire de créer les conditions d’une facilitation de la mobilité pastorale aussi bien à l’intérieur des pays qu’à l’échelle transfrontalière