Présentation du PREDIP

Le projet Régional de Dialogue et d’Investissement pour le Pastoralisme et la transhumance au Sahel et dans les Pays Côtiers de l’Afrique de l’Ouest (PREDIP) a été conçu dans le cadre de la mise en œuvre du Programme Indicatif Régional de l’Union Européenne en Afrique de l’Ouest 2014–2020, Domaine prioritaire 3 : Résilience, sécurité alimentaire et nutritionnelle et ressources naturelles.

Il a été retenu comme « Soutien au pastoralisme et à la transhumance à travers l’appui à la connaissance, la mise en place d’une plateforme de suivi et de plaidoyer sur le pastoralisme, le développement de la chaîne de valeur bétail et viande, l’appui à la surveillance et la coopération
épidémiologiques transfrontalières sur les maladies animales dangereuses et/ou ayant un impact sur la santé humaine». Ce projet est en cohérence avec la politique agricole de la CEDEAO et contribue à la réalisation de la Stratégie de Développement de l’Elevage (LiDeSa) de
l’Union Africaine et du Plan d’action de l’UE sur les migrations et s’inscrit dans l’Agenda 2030 pour le développement durable. Il relie les deux grands ensembles de l’Afrique de l’Ouest à travers un système de production pastorale intégrant les pays sahéliens, zones de départ et les
pays côtiers, zones d’accueil des troupeaux transhumants.

L’objectif global du PREDIP est de renforcer la contribution du pastoralisme et de la transhumance transfrontalière à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, au développement socioéconomique équitable et à l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest.
Les objectifs spécifiquement, visent à :

  • Améliorer la gestion de l’information et des connaissances en pastoralisme et transhumance ;
  • Faciliter une transhumance transfrontalière apaisée et améliorer la nutrition ;
  • Sécuriser la mobilité des troupeaux et leur accès aux ressources pastorales et aux marchés ;
  • Maîtriser les maladies animales transfrontalières ayant un impact sur la santé animale et humaine.

D’une durée de 5 ans, le PREDIP est organisé autour de 4 Composantes opérationnelles et une Composante régionale :

  • Composante 1 : Mise en place d’un service régional d’information sur le pastoralisme et la transhumance gérée par CILSS/Agrhymet
  • Composante 2 : Renforcement du dialogue et de la gouvernance de la transhumance transfrontalière gérée par CARE-Danemark
  • Composante 3 : Mise en place d’infrastructures et aménagements pastoraux transfrontaliers gérée par Acting For Life ;
  • Composante 4 : Surveillance épidémiologique, de prévention et de gestion des maladies transfrontalières prioritaires gérée par le Centre Régional de Santé Animale (CRSA) dont le démarrage des activités n’a pas encore commencé ;
  • Composante 5 : Coordination globale du projet gérée par l’Unité Régionale de Coordination au sein du Secrétariat exécutif du CILSS qui assure la coordination de l’ensemble des Composantes du Projet.

Le PREDIP couvre les zones transfrontalières partagées entre 3 pays sahéliens (Mali, Burkina Faso, Niger) et 5 pays côtiers (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin et Nigeria) de l’Afrique de l’Ouest pris en compte par le PRIDEC. Il s’agit des zones de départ des troupeaux transhumants jusqu’à leurs zones d’accueil dans les pays côtiers, sachant que ces notions de terroirs d’attache et de zones d’accueil sont flexibles et évolutives actuellement. Les zones de concentration porteront sur les couloirs prioritaires identifiés par les parties prenantes au sein des 6 grands axes/couloirs ci-après :

  1. l’axe Mali (région de Sikasso) – Nord Côte d’Ivoire ;
  2. l’axe Burkina Faso (région des Hauts Bassins) – Nord Côte d’Ivoire ;
  3. l’axe Burkina Faso (Centre-Sud) – Nord Ghana ;
  4. l’axe Niger (région de Tillabéri) – Est du Burkina Faso – Bénin – Togo ;
  5. l’axe Niger – Nigeria et,
  6. l’axe Nigeria – Bénin.

Le PREDIP vient apporter des solutions au pastoralisme et à la transhumance, à travers la logique d’intervention suivante :

  • renforcer et valoriser de façon pérenne le rôle de chaque type d’acteur en lui confiant une responsabilité et des moyens adaptés et intégrés dans une économie régionale cohérente ;
  • développer des domaines critiques (information, concertation, investissement, santé publique) complémentaires et interactifs qui convergent vers la compétitivité des chaines de valeurs, l’emploi, le revenu et la paix sociale ;
  • partir de l’échelle transfrontalière et régionale pour impulser et coordonner le développement de la filière à l’échelle de chaque pays ;
  • associer autour d’enjeux concrets et motivants des acteurs différents et souvent aux intérêts apparemment divergents pour aboutir à des décisions consensuelles et gagnant-gagnant et ;
  • suivre autour de ces enjeux la séquence cyclique information-formation-négociation-action-évaluation.

Le PREDIP a été conçu en tenant compte au maximum des interventions récentes, en cours et prévues, de façon à apporter le plus possible de soutien, de cohérence et de synergie à ce mode d’élevage transfrontalier, complexe et fragile mais très porteur. Il s’est principalement défini et devra être opéré en bonne articulation avec des programmes multi-pays comme :

  • le PRIDEC, Programme Régional d’Investissements et de Développement de l’Elevage dans les Pays Côtiers, dont il couvre une grande partie de la composante régionale ;

En cours d’exécution,

  • le PRAPS, Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel ;
  • le PEPISAO, Projet Elevages et Pastoralisme Intégrés et Sécurisés en Afrique de l’Ouest ;
  • le PACBAO, Projet de commercialisation du Bétail et Viande en Afrique de l’Ouest.

Ainsi, le PREDIP contribue à créer les conditions d’une exploitation durable et non-conflictuelle des ressources pastorales dans les zones transfrontalières partagées par les pays sahéliens (Mali, Burkina Faso et Niger) et côtiers (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin, et Nigeria).