Nigéria

Historique

 Le pastoralisme était historiquement plus concentré au nord du Nigeria, dans les zones de savane, mais on assiste à une « dérive migratoire » croissante des éleveurs vers les zones sous-humides et humides du centre du pays. Ce processus se poursuit depuis des décennies, les éleveurs ayant atteint des parties tropicales du pays, le long des côtes atlantiques il y a au moins un demi-siècle. La tendance s’est accélérée au cours de la dernière décennie et, avec l’extension du pastoralisme vers le sud, de nouvelles pressions y ont émergé. C’est ainsi que le pastoralisme est devenu une question nationale.

Au Nigeria, comme ailleurs en Afrique de l’Ouest, les styles de vie pastoraux varient d’éleveurs nomades à agro-éleveurs sédentaires ou semi-sédentaires. Ceux qui ont un style de vie purement nomade sont désormais minoritaires parmi les éleveurs au Nigeria. Les éleveurs nomades n’ont traditionnellement pas d’habitat permanent et ne possèdent pas de terres bien que certains d’entre eux commencent maintenant à en acquérir. Les éleveurs semi-sédentaires, transhumants sont les plus courants au Nigeria. Même pour les agro-éleveurs combinant l’agriculture et l’élevage, une partie de la famille reste dans un camp permanent ou un village tandis que des éleveurs ou les jeunes bergers partent pour faire paître les bovins et les moutons à l’extérieur. Le pastoralisme dépend donc des bonnes relations avec les communautés agricoles sur lesquelles ils comptent pour avoir accès aux terres et à l’eau.

Situation actuelle

Cela est maintenant devenu plus difficile au Nigeria, en raison des pressions démographiques, de l’accroissement de la superficie des terres agricoles et de l’aggravation de l’insécurité (violence communautaire, conflits insurrectionnels ou banditisme). Au Nigeria, les éleveurs sont confrontés à de nombreux défis. Les itinéraires de transhumance ne sont pas bien protégés dans la pratique et sont souvent cultivés ou bloqués, y compris ceux empruntés quotidiennement pour aller faire paître les animaux le matin et rentrer le soir au camp ou au village. Dans le sud, il n’existe pas d’infrastructures de régulation des relations entre éleveurs et agriculteurs.

PRINCIPALES ACTIVITES DU PREDIP AU NIGERIA

 

Situation des prévisions des infrastructures/aménagements

Types d’infrastructures Indicateurs Quantité Localisation
Composante 3-Infrastructures
1 Sécurisation des pistes Longueur des pistes 350 km En cours d’identification
Etats : Katsina/ Sokoto / Kébbi
2 Aménagement d’aires de repos/pâturage Nombre d’aire repos / pâtures 20 * En cours d’identification 
3 Réalisation des points d’eau Nombre de points d’eau (mares, forages, puits, barrages,…) 12 * En cours d’identification
4 Réalisation de marchés à bétail Nombre de marché à bétail 3 * Maiadu’a in Katsina Ilelah
*Market in  Sokoto State
* Amagoro Market in  Kebbi state

 

Situation des prévisions des activités soft

Types d’activités Indicateurs Quantité
Composante 3-Infrastructures
1 Formation des facilitateurs Nombre de facilitateur à former 20
2 Organisation des débats Nombre de débats 4
3 Organisation des débats accompagnés Nombre de débats accompagnés 4
4 Réalisation des cartes Nombre de cartes réalisées 3
5 Formation des comités de gestion des infrastructures et aménagements Nombre de formations des Comités de gestion 3
6 Organisation des visites d’échanges Nombre de visites échanges 2
7 Organisation des ateliers de restitution technique et budgétaire Ateliers de restitution technique et budgétaire des collectivités 6
8 Diffusion grand public des résultats de l’atelier de restitution technique et budgétaire Nombre de Communiqués radio 6
Composante 2-Dialogue
9 Organisation de rencontres transfrontalières de concertation pour prévenir et gérer les conflits dans les zones dépourvues de cadre de concertation Nombre de rencontres impliquant les OPR au niveau transfrontalier, national et régional 5
10 Organisation des rencontres annuelles de haut niveau sur la transhumance apaisée par le cadre de concertation entre OPR Nombre de participants aux réunions transfrontalières, aux réunions des comités/cadres et aux comités nationaux et composition par sexe 55
11 Plaidoyer en faveur de la prise en compte des thématiques de transhumance et de nutrition dans les stratégies, plans d’investissement et allocations budgétaires des pays, et dans les PDC, plans de développement communaux Nombre de planification communale, régionale ou nationale intégrant les propositions d’aménagement en faveur de la transhumance apaisée (en lien avec les réalisations de la composante 3) 2
12 Formation et information des agriculteurs et des éleveurs sur les textes règlementant la transhumance. Nombre de leaders des agriculteurs des éleveurs et des acteurs de la transhumance ayant bénéficié des formations aux textes 20
13 Développement d’un module d’animation du dialogue transfrontalier basé sur l’analyse des écarts entre le droit et les pratiques Nombre d’animateurs formés au sein des OPR en animation du dialogue transfrontalier (10/OPR) 5
14 Expérimentation d’un dispositif d’assistance juridique Nombre d’éleveurs et d’agriculteurs ayant bénéficié d’assistance juridique (fonction des besoins) 30

 

RÈGLEMENTATIONS EN MATIÈRE DE TRANSHUMANCE 

La loi de 1965 portant création des réserves de pâturage dans la région du nord a été « héritée » par les états après leur création en 1967 à partir des régions existantes. Les réserves de pâturage relèvent donc de la compétence des états du nord et non pas du Gouvernement fédéral. La plupart des réserves de pâturage du nord n’existent en fait que sur le papier. Bien que le gouvernement fédéral ait doté la réserve de pâturage de Bobi d’installations pour les pasteurs, une partie de celle-ci a été transformée en terres agricoles. L’on note que cela s’était produit lorsque les pasteurs ont abandonné la réserve en raison de la détérioration de leurs infrastructures. La perte de réserves de pâturage et d’autres terres pastorales dans le nord du Nigéria explique en partie pourquoi davantage de pasteurs se sont déplacés vers le sud du pays où les réserves de pâturage n’ont jamais existé.

Textes de loi téléchargeables

AUTRES PROJETS SUR LE PASTORALISME AU NIGERIA

  • Programme d’appui à la commercialisation du bétail en Afrique de l’Ouest, Phase I (PACBAO), en cours d’exécution ;
  • Programme régional d’éducation/formation des populations pastorales en zones transfrontalières (PREPP) en cours d’exécution
  • Projet Elevages et Pastoralisme Intégrés et Sécurisés (PEPISAO)

POINT FOCAL TRANSHUMANCE

Monsieur Igbekoyi, Ayodele James est le point focal transhumance pour le PREDIP et représentant le Ministère fédéral de l’Alimentation et de l’Agriculture du Nigeria. Au sein de ce Ministère, il est le sous-Directeur des production animales.