Côte d’Ivoire

Historique

Dans le Nord de la Côte-d’Ivoire, les Peuls transhumants immigrés des régions sahélo-soudaniennes ont préservé les traits essentiels de leur élevage tout en s’engageant dans l’agriculture. Si la mobilité demeure indispensable à la bonne santé du cheptel zébu ou métis (taurin-zébu) en région humide, c’est parce que tout est affaire de degré : la santé et l’alimentation sont optimisées par des déplacements créant des variations parfois très fines.

L‘immigration des éleveurs peuls dans le Nord de la Côte-d’Ivoire remonte à l’époque coloniale, lorsque diverses crises et la modification des parcours due à la mise en valeur agricole dans les régions sahélo-soudaniennes ont poussé certaines familles vers le sud ; plus tard, les années de sécheresse ont amplifié ces flux. La Côte-d’Ivoire assume une responsabilité politique dans l’installation des éleveurs et de leur cheptel depuis le début des années soixante-dix, à cause des investissements considérables en infrastructures et en suivi sanitaire mis en œuvre à l’époque. La population peule transhumante du Nord de la Côte-d’Ivoire représente au plus 400000 personnes, mais son apport à l’économie nationale est sans commune mesure avec ce chiffre modeste. Le million d’animaux du cheptel transhumant, soit le tiers du cheptel bovin national en 2018, fournissent plus de la moitié de la viande bovine de Côte-d’Ivoire ; c’est auprès des éleveurs peuls que les paysans se procurent les bœufs de culture attelée utilisés sur plus des deux tiers des champs de coton. Les éleveurs transhumants détiennent encore le monopole de la production laitière artisanale. Enfin, les champs qu’ils cultivent bénéficient d’une fumure organique efficace et gratuite qui améliore spectaculairement les rendements.

 

Situation actuelle

Actuellement, en côte d’Ivoire, la transhumance concerne près de 70 à 90% du cheptel bovin, et 30 à 40% des petits ruminants (ovins et caprins) en provenance des pays du Sahel d’une part, et d’autre part la quasi-totalité du cheptel national migrant du nord vers le sud du pays.

Si leur apport économique est reconnu, leur statut est périodiquement remis en cause dans certains villages et dans les programmes de développement de l’élevage. Sous les griefs faits au Peul, double figure de l’étranger et de l’errant malgré une installation remontant parfois à plus de trente ans, on peut discerner la difficulté de faire une place à l’élevage transhumant, système de production qui est aussi un mode de vie particulier. Aujourd’hui, les contraintes que les éleveurs transhumants affrontent semblent provenir moins d’une crise de leur système de production que d’une remise en cause de leurs liens avec leur environnement économique local et national.

Situation des prévisions des infrastructures/aménagements

Types d’infrastructures Indicateurs Quantité Localisation
Composante 3-Infrastructures
1 Sécurisation des pistes Longueur des pistes 500 km En cours d’identification
Régions : Folon/ Kabadougou/ Bagoué/ Poro/ Tchologo/ Bounkani
2 Aménagement des aires de repos/pâturage Nombre d’aire repos / pâtures 2 * Warigué/ Krouta
*La Palée
3 Réalisation des points d’eau Nombre de points d’eau 6 * Région Folon / Tienko
* En cours d’identification
4 Réalisation de marché à bétail Nombre de marchés à bétail 1 * Région Bounkani / commune de Doropo
5 Réalisation de quais d’embarquement Nombre de quai d’embarquement 7 * Région Tchologo / Commune Kong –
* Région Kabadougou / commune d’Odiénné
* En cours d’identification
6 Mise en place d’aliments bétails Quantité aliment bétail 200 tonnes
7 Réalisation de magazines Nombre de magazines 1 * Région du Tchologo / Yarabélé

 

Situation des prévisions des activités soft

Types d’activités Indicateurs Quantité
Composante 3-Infrastructures
1 Formation des facilitateurs Nombre de facilitateur à former 20
2 Facilitation des débats informés Nombre de débats 9
3 Organisation des débats accompagnés Nombre de débats accompagnés 4
4 Réalisation des cartes Nombre de cartes réalisées 3
5 Mise en place d’inter collectivités Nombre d’inter collectivités mise en place 1
6 Formation des comités de gestion des infrastructures et aménagements Nombre de formations des Comités de gestion 9
7 Organisation des visites d’échanges Nombre de visites échanges 4
8 Organisation des ateliers de restitution technique et budgétaire Ateliers de restitution technique et budgétaire des collectivités 6
9 Diffusion grand public des résultats de l’atelier de restitution technique et budgétaire Nombre de Communiqués radio 8
Composante 2-Dialogue
10 Mise en place de plateformes d’innovation multi acteurs dans les zones d’accueil Nombre de plateformes d’innovation mises en place 1
11 Organisation de rencontres transfrontalières de concertation pour prévenir et gérer les conflits dans les zones dépourvues de cadre de concertation Nombre de rencontres impliquant les OPR au niveau transfrontalier, national et régional 8
12 Organisation des rencontres annuelles de haut niveau sur la transhumance apaisée par le cadre de concertation entre OPR Nombre de participants aux réunions transfrontalières, aux réunions des comités/cadres et aux comités nationaux et composition par sexe 120
13 Plaidoyer en faveur de la prise en compte des thématiques de transhumance et de nutrition dans les stratégies, plans d’investissement et allocations budgétaires des pays, et dans les PDC, plans de développement communaux Nombre de planification communale, régionale ou nationale intégrant les propositions d’aménagement en faveur de la transhumance apaisée (en lien avec les réalisations de la composante 3) 1
14 Formation et information des agriculteurs et des éleveurs sur les textes règlementant la transhumance. Nombre de leaders des agriculteurs des éleveurs et des acteurs de la transhumance ayant bénéficié des formations aux textes 20
15 Développement d’un module d’animation du dialogue transfrontalier basé sur l’analyse des écarts entre le droit et les pratiques Nombre d’animateurs formés au sein des OPR en animation du dialogue transfrontalier (10/OPR) 5
16 Expérimentation d’un dispositif d’assistance juridique Nombre d’éleveurs et d’agriculteurs ayant bénéficié d’assistance juridique (fonction des besoins) 20

 

RÈGLEMENTATIONS EN MATIÈRE DE TRANSHUMANCE

Depuis 1959, les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont récurrents notamment dans les régions du Nord et du Centre du pays. On observe régulièrement de graves affrontements faisant des victimes et causant des dégâts matériels importants, avec les conséquences sociales subséquentes.
En vue de mettre un terme à cette situation préjudiciable au développement rural et à la cohésion sociale, le Gouvernement, dans le cadre du Programme de travail gouvernemental (PTG), a décidé de prendre des dispositions urgentes dont l’une des plus importantes a consisté en l’élaboration d’une loi sur la transhumance et aux déplacements du bétail.
Les projets des décrets relatifs à la loi n° 2016-413 du 15 juin 2016 sur la transhumance et aux déplacements du bétail ont été élaborés pour soumission à la signature du Chef de l’Etat. Ils portent sur les conditions de création et d’aménagement des zones d’accueil transhumants, d’implantation et d’exploitation des sites de pâturages privés, de transhumance et le déplacement du bétail, les modalités de mise en œuvre des tandems agropastoraux et la procédure de règlement des conflits.

S’y ajoute un projet de décret portant création, attribution, composition et fonctionnement du Comité national et des comités régionaux de la transhumance dans le cadre de la mise en œuvre de la décision A/dec-5/10/98 du 31 octobre 1998 relative à la réglementation de la transhumance entre les Etats membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO).

Textes de lois téléchargeables

AUTRES PROJETS SUR LE PASTORALISME EN CÔTE D’IVOIRE

  • Programme d’appui à la commercialisation du bétail en Afrique de l’Ouest, Phase I (PACBAO), en cours d’exécution ;
  • Programme régional d’éducation/formation des populations pastorales en zones transfrontalières (PREPP) en cours d’exécution ;
  • Projet Elevages et Pastoralisme Intégrés et Sécurisés (PEPISAO) ;
  • Programme régional d’investissement pour le développement de l’élevage et du pastoralisme dans les pays côtiers (PRIDEC) en cours de finalisation

POINT FOCAL TRANSHUMANCE

Dr Marcel KAGNOMOU est le point focal transhumance pour le PREDIP et représentant le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques de la Côte d’Ivoire. Au sein de ce Ministère, il est le Directeur Nutrition animale et de la gestion de l’espace pastoral.