Burkina Faso

Historique

Dans la littérature sur le pastoralisme, on lit souvent comme Fratkin et Mearns ont écrit, “Les pasteurs occupent des savanes, des déserts arides et des hauts plateaux où l’agriculture pluviale est précaire” (2003:112). Un des points forts de ce moyen de subsistance spécialisé est qu’il se déroule typiquement dans les terres trop marginales pour d’autres systèmes de production (HESSE et MACGREGOR 2006 ; NORI et al., 2008).

Cependant au cours du dernier siècle en Afrique de l’Ouest, surtout au Burkina Faso et les pays côtiers, des familles pastorales ont migré des zones Sahéliennes aux zones Soudaniennes.

Dans le nord du Burkina Faso, le pastoralisme a une histoire de plusieurs siècles (KINTZ 1986 ; BANZHAF et al., 2000a ; BERGERET 1999), et pendant le dernier siècle, il a connu beaucoup des changements : du climat et de l’écologie ; une transition d’un pastoralisme généralement plus nomadisé et exclusif, à un agropastoralisme moins mobile ; une migration de beaucoup de communautés vers le sud ; et un transfert important de bétail, surtout bovine, hors de la propriété du pasteur, mais pas hors de sa gestion. Aujourd’hui ce moyen spécialisé de subsistance, qui élève toujours la grande majorité des bovins de Burkina, se semble être à la croisée des chemins, surtout au sud du pays. Les changements climatiques, environnementaux, démographiques, socioéconomiques et politiques pressent le pastoralisme dans une façon particulière des zones agroécologiques Soudaniennes (DONGMO et al., 2012 ; GONIN et GAUTIER 2015 ; VALL et al., 2006). Les pasteurs débâtent entre eux de la meilleure façon d’avancer. Ils tentent d’aligner ce qu’ils en comprennent du discours gouvernemental avec leurs pratiques et savoirs coutumiers qu’ils se sont transmis depuis des générations. Dire que ces pratiques et savoirs sont coutumiers (ou traditionnels) ne signifie pas qu’ils ne changent jamais ; en fait, les hommes et femmes adaptent continuellement leurs pratiques aux changements qui les entourent. Mais la convergence des changements rapides actuels menace ces adaptations et le pastoralisme, au Burkina et l’Afrique de l’ouest, plus que jamais connu dans l’histoire.

De par le passé, les éleveurs du Burkina Faso habitaient la zone sahélienne le long de la frontière septentrionale du pays. Pendant le dernier siècle, poussées par les politiques, les sécheresses récurrentes (surtout ceux de 1972-73 et 1983-84), les conflits, et l’expansion des champs agricoles, de nombreuses familles pastorales se sont déplacées vers le sud du pays. Elles ont trouvé dans cette zone Soudanienne des espaces non cultivés, relativement abondantes en ressources naturelles. Comme la zone était progressivement débarrassés des mouches tsé-tsé responsables de la trypanosomiase, les nouveaux vaccins et le croisement des zébus avec les taurines indigènes ont aussi donné aux bovins une certaine immunité contre la maladie. Accueillies au début avec enthousiasme par leurs hôtes indigènes, les rapports se sont dégradés au fur et à mesure que les populations augmentaient, y compris des immigrants cultivateurs. L’accès à l’eau et aux pâturages devient moins sûr, et les conflits violents augment.

Des recherches conduites par les auteurs entre 2009 et 2016 ainsi qu’une revue de la littérature donnent une illustration de la situation des pasteurs au Burkina Faso. Lorsque les communautés pastorales de la zone Soudanienne parlent de leurs inquiétudes pour le futur, il en ressort un souci pour le manque de pluie et ses conséquences, mais leurs préoccupations majeures concernent l’accès aux ressources naturelles, l’expansion des champs et les zones urbaines qui occupent les pâturages et obstrue les voies d’accès aux bons pâturages, et les conflits liés au foncier. En guise de solutions à ces problèmes, le gouvernement fait la promotion des Zones aménagées pastorales, ou ZAP, développées sous l’égide du Ministère des Ressources Animales (MRA) pour servir de « pôles d’excellence » et les refuges pour les communautés pastorales et leurs bovins. Mais contrairement à d’autres pays sahéliens, où les zones pastorales se situent au nord de la zone agricole, les zones pastorales du Burkina Faso sont enclavées à travers le pays, toutes entourées par les champs, les zones urbaines, ou les réserves nationales. Les ZAP situées dans les zones Soudaniennes sont particulièrement difficiles à gérer, et les pasteurs sont relativement peu qui peuvent s’y trouver des ressources pour leur bétail.

Situation actuelle

La situation actuelle est marquée entre autres par des problèmes de foncier, de dégradation des ressources naturelles, et de conflit entre pasteurs et agriculteurs, entre pasteurs et agents de l’environnement, entre pasteurs et orpailleurs (GREENOUGH 2016 ; GREENOUGH et NEYA 2016 ; ZAMPALIGRÉ et al., 2013 ; 2014 ; ZAMPALIGRÉ 2012 ; ZAMPALIGRÉ et al., 2017a ; ZAMPALIGRÉ et al., 2017b).

Pendant que certains voient des cas optimistes pour l’adaptation et même l’intensification du pastoralisme dans les zones Soudaniennes (MORITZ et al., 2009 ; DONGMO et al., 2007), la littérature scientifique et les médias sont aussi plein des cas de problèmes d’accès aux ressources et des conflits dans les zones Soudaniennes et Guinéennes (FIELMUA et al., 2014 ; HOCHET et GUISSOU 2010 ; ROBERT 2010 ; TOUTAIN et al., 2004 ; SYLLA 2012 ; KAM 2014).

Dans les zones Soudaniennes du Burkina Faso où le climat et l’écologie sont plus favorables à la production agricole, les communautés pastorales et agricoles, les services techniques décentralisées du gouvernement, et les organisations de la société civile qui soutient le pastoralisme, tous se trouvent dans une activité décriée par les uns et adulée par les autres que sont surtout les éleveurs et les pasteurs.

Situation des prévisions des infrastructures/aménagements

Types d’infrastructures Indicateurs Quantité Localisation
Composante 3-Infrastructures
1 Sécurisation des pistes Longueur Piste 120 km En cours d’identification
Régions : Est / Cascades / Sud-ouest/ Ht-Bassins
2 Aménagement des aires de repos/pâturage Nombre Aire de repos / pâtures 4 * Louanga
* En cours d’identification
3 Réalisation des points d’eau Nombre de points d’eau (mares, forages, puits, barrages,…) 3 * Bogandé
* En cours d’identification
4 Réalisation des quais d’embarquement Nombre de quai d’embarquement 1 En cours d’identification
5 Mise en place d’aliments bétails Quantités aliment bétails 265 tonnes
6 Réalisation des magazins Nombre de magazins 4 * Ouo * Tambiga * Sapkoani * Identification en cours

Situation des prévisions des activités soft

7

Types d’activités Indicateurs Quantité
Composante 3-Infrastructures
1 Facilitation de débats informés Nombre de débats 6
2 Réalisation des cartes Nombre de cartes 3
3 Mise en place d’intercollectivités Nombre d’intercollectivité 1
4 Formation des comités de gestion des infrastructures et aménagements Nombre de formations des Comités de gestion 6
5 Organisation de visites d’échanges Nombre de visites échanges 2
6 Organisation des ateliers de restitution technique et budgétaire Ateliers de restitution technique et budgétaire des collectivités 6
Diffusion grand public des résultats des ateliers de restitution technique et budgétaire Nombre de Communiqués radio 6
Composante 2-Dialogue
8 Organisation de rencontres transfrontalières de concertation pour prévenir et gérer les conflits dans les zones dépourvues de cadre de concertation Nombre de rencontres impliquant les OPR au niveau transfrontalier, national et régional 12
9 Organisation des rencontres annuelles de haut niveau sur la transhumance apaisée par le cadre de concertation entre OPR Nombre de participants aux réunions transfrontalières, aux réunions des comités/cadres et aux comités nationaux et composition par sexe 55
10 Plaidoyer en faveur de la prise en compte des thématiques de transhumance et de nutrition dans les stratégies, plans d’investissement et allocations budgétaires des pays, et dans les PDC, plans de développement communaux Nombre de planification communale, régionale ou nationale intégrant les propositions d’aménagement en faveur de la transhumance apaisée (en lien avec les réalisations de la composante 3) 1
11 Formation et information des agriculteurs et des éleveurs sur les textes règlementant la transhumance. Nombre de leaders des agriculteurs des éleveurs et des acteurs de la transhumance ayant bénéficié des formations aux textes 10
12 Développement d’un module d’animation du dialogue transfrontalier basé sur l’analyse des écarts entre le droit et les pratiques Nombre d’animateurs formés au sein des OPR en animation du dialogue transfrontalier (10/OPR) 2
13 Expérimentation d’un dispositif d’assistance juridique Nombre d’éleveurs et d’agriculteurs ayant bénéficié d’assistance juridique (fonction des besoins) 20

RÈGLEMENTATIONS EN MATIÈRE DE TRANSHUMANCE

Les transhumances intra-pays et transfrontalières sont règlementées par un éventail de lois, décrets, arrêtés, décisions et règlements pris tant au niveau communal, national qu’international. Il existe des textes locaux, communaux, nationaux et régionaux.

L’Etat burkinabè coopère avec les Etats voisins en vue du développement pastoral durable au plan régional, notamment dans les domaines de la santé animale, de la transhumance, de la commercialisation, de la sécurité des transhumants, de leurs biens et du règlement des litiges.
L’Etat et les collectivités territoriales garantissent aux pasteurs le droit d’accès aux espaces pastoraux, le droit d’utilisation équitable des ressources naturelles et la mobilité des troupeaux. L’Etat et les collectivités territoriales prennent également les mesures nécessaires à l’amélioration des performances productives et de qualité de l’élevage pastoral. En particulier, ils créent les conditions de sécurisation des activités pastorales et de préservation de la santé animale ; ils encouragent et soutiennent les activités d’amélioration de l’alimentation des animaux.
Dans le cadre de la politique d’aménagement du territoire, l’Etat et les collectivités territoriales veillent à l’identification, à la protection et à l’aménagement des espaces à vocation pastorale. En particulier dans le cadre de l’aménagement des espaces périurbains, l’Etat et les collectivités territoriales réservent les espaces nécessaires à la poursuite et au développement des activités d’élevage. L’Etat et les collectivités territoriales veillent également à la préservation et à la protection des espaces pastoraux traditionnels. En particulier, ils favorisent dans les régions à vocation pastorale, la préservation de la vocation pastorale des bas-fonds et des zones de bourgou.
En cas de situation de crise alimentaire du bétail dûment constatée par le gouvernement, le conseil des ministres peut par décret, autoriser l’ouverture temporaire de certaines forêts classées à la pâture des animaux. Le décret autorisant l’ouverture exceptionnelle de chaque forêt précise les restrictions particulières applicables à ladite forêt. Un arrêté conjoint des ministres chargés de l’élevage, des forêts, de l’eau, de l’aménagement du territoire et de l’administration du territoire précise les modalités d’accès aux forêts classées ouvertes à la pâture en cas de crise alimentaire du bétail.
Le Ministre chargé de l’élevage prend en collaboration avec les Ministres concernés, toutes les mesures de nature à encourager et à faciliter l’organisation, l’information et la formation des pasteurs. En outre, il prend toutes mesures appropriées de nature à promouvoir les échanges et la circulation de l’information pour la bonne conduite des actions et programmes de développement de l’élevage.

Textes de loi téléchargeables

 

AUTRES PROJETS SUR LE PASTORALISME AU BURKINA FASO

  • Projet Régional d’Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS) en cours d’exécution
  • Programme de développement du pastoralisme durable au Sahel (PDPDS), en cours d’exécution
  • Programme d’appui à la commercialisation du bétail en Afrique de l’Ouest, Phase I (PACBAO), en cours d’exécution ;
  • Programme régional d’éducation/formation des populations pastorales en zones transfrontalières (PREPP) en cours d’exécution
  • Mobilité Pastorale et Sécurité au Sahel (MOPSS) en cours d’exécution
  • Projet Elevages et Pastoralisme Intégrés et Sécurisés (PEPISAO)

POINT FOCAL TRANSHUMANCE

Monsieur Lucien NANEMA est le point focal transhumance pour le PREDIP et représentant le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques du Burkina Faso. Au sein de ce Ministère, il est le Directeur de la Sécurisation de l’Espace Pastoral au sein de la Direction Générale des Aménagements et de la Sécurisation de l’Espace Pastoral