Bénin

Historique

La pratique de la transhumance au Bénin a démarré avec les migrations des populations Peules et continue d’ailleurs d’être pratiquée par  ces  dernières. Les notes sur l’élevage en « Ex-Dahomey » ont fait cas de la  transhumance pour la première fois en 1905 à l’occasion du rapport sur  une épidémie  de la péripneumonie  contagieuse  bovine,  que  les animaux en transhumance  dans  la région  de Ségbana  ont  contractée  auprès  des  animaux venus  du  Boussa  (Nigéria).  Le rapport indiquait que « ces mouvements de transhumance sont une menace pour le cheptel « dahoméen », faut-il pour cela les supprimer ? »

Aujourd’hui, encore l’on continue  toujours d’en parler et  de se  poser la  même question. D’après Pecaud (1912), les Peuls du Bénin ont en majorité originaires du Fouta Djallon. Leur installation  au  Bénin date  de  très  longtemps selon  les  notes  sur  l’élevage  en  « Ex-Dahomey » mais Lombard (1957)  la situe  au XVIIIème siècle. L’histoire de la pratique de la transhumance ne peut être dissociée de celles des coutumes  des populations  peules (Atchy, 1976).  Avant  les  années  1970,  les déplacements  des pasteurs  sahéliens vers  les zones  plus humides  ont surtout  été dus  à la saturation  de  l’espace  pastoral  plus  qu’aux sécheresses  répétitives.  L’apparition  de  la problématique  climatique  avec  le  déficit hydrique  et la  diminution  du  fourrage  prend essor à partir des années 1970, entraînant des mouvements  importants  de  pasteurs  vers  le sud  sahélien  (Bernus,  1995).  Une  des  clefs pour  comprendre ces  réactions selon  Renard (2010)  est  de  prendre  en  compte  la  valeur symbolique  et  sociale  du  troupeau  chez  les peuls,  mais  aussi  la  vision  qu’en  ont  les

populations  extérieures.  Bernus (1995) constate  que c’est  à  partir de  1980  que l’on trouve les  premiers écrits  scientifiques sur  le phénomène de pluriactivité chez  les éleveurs peuls, ainsi que sur celui de la sédentarisation.

 

Situation actuelle

L’élevage pastoral, dans l’économie béninoise, devient de plus en plus un secteur pourvoyeur d’emplois. Selon les statistiques de la Direction de l’élevage du MAEP (Bénin), l’élevage pastoral occupe plus de 10% de la population béninoise qui représente la population pastorale. En termes de contribution, il a atteint un taux de 17%. En effet, le Bénin est un pays de transit qui accueille chaque année des milliers de têtes de bovins en provenance du Sahel pour le grand Nigéria. Du coup, il reçoit les transhumants qui animent le plus souvent les marchés à bétail. Malgré ces atouts, cet élevage est confronté à de réelles difficultés qui plombent son décollage. On note les impacts des changements climatiques. Il y a aussi la pression sur les espaces, la mobilité se trouve de plus en plus très limitée. Or, l’essence même du système pastoral est la mobilité, c’est-à-dire que les animaux, en quête d’eau et du pâturage, doivent se déplacer. Autre élément, il y a de plus en plus d’intolérance entre les différents acteurs du fait de la paupérisation. Le quatrième facteur a trait aux conflits souvent d’origine criminelle auxquels font face les pays de la sous-région ouest-africaine notamment le Bénin. La transhumance qu’on connaissait comme un mouvement saisonnier de va-et-vient d’une région à une autre  a évolué vers  un grand déplacement qui se mue progressivement en  migration. C’est-à-dire que les transhumants viennent et s’installent. Ils font deux ou trois ans sans retourner.

Situation des prévisions des infrastructures/aménagements

Types d’activités Indicateurs Quantité Localisation
Composante 3-Infrastructures
1 Sécurisation des pistes Longueur pistes 95 km En cours d’identification
Départements : Atacora Donga / Collines
2 Aménagement des aires de repos Nombre d’aires de repos 7 * En cours d’identification 
3 Réalisation des points d’eau Nombre de points d’eau (mares, forages, puits, barrages,…) 5 * Cobly
* En cours d’identification
4 Réalisation des marchés à bétail Nombre de marché à bétail 1 * Département de la Donga / Commune de Djougou / Bougou
5 Réalisation des quais d’embarquement Nombre de quai d’embarquement 1 En cours d’identification

 

Situation des prévisions des activités soft

Types d’activités Indicateurs Quantité
Composante 3-Infrastructures
1 Facilitation de débats informés Nombre de débats 12

 

2 Réalisation des cartes Nombre de cartes 4
3 Mise en place d’intercollectivités Nombre d’intercollectivités mise en place 1
4 Formation des comités de gestion des infrastructures et aménagements Nombre de formations des Comités de gestion 3
5 Organisation de visites d’échanges Nombre de visites échanges 2
6 Organisation des ateliers de restitution technique et budgétaire Ateliers de restitution technique et budgétaire des collectivités 6
7 Diffusion grand public des résultats des ateliers de restitution technique et budgétaire Nombre de Communiqués radio 6
Composante 2-Dialogue
8 Organisation de rencontres transfrontalières de concertation pour prévenir et gérer les conflits dans les zones dépourvues de cadre de concertation Nombre de rencontres impliquant les OPR au niveau transfrontalier, national et régional 8
9 Organisation des rencontres annuelles de haut niveau sur la transhumance apaisée par le cadre de concertation entre OPR Nombre de participants aux réunions transfrontalières, aux réunions des comités/cadres et aux comités nationaux et composition par sexe 120
10 Plaidoyer en faveur de la prise en compte des thématiques de transhumance et de nutrition dans les stratégies, plans d’investissement et allocations budgétaires des pays, et dans les PDC, plans de développement communaux Nombre de planification communale, régionale ou nationale intégrant les propositions d’aménagement en faveur de la transhumance apaisée (en lien avec les réalisations de la composante 3) 1
11 Formation et information des agriculteurs et des éleveurs sur les textes règlementant la transhumance. Nombre de leaders des agriculteurs des éleveurs et des acteurs de la transhumance ayant bénéficié des formations aux textes 10
12 Développement d’un module d’animation du dialogue transfrontalier basé sur l’analyse des écarts entre le droit et les pratiques Nombre d’animateurs formés au sein des OPR en animation du dialogue transfrontalier (10/OPR) 5
13 Expérimentation d’un dispositif d’assistance juridique Nombre d’éleveurs et d’agriculteurs ayant bénéficié d’assistance juridique (fonction des besoins) 20

 

RÈGLEMENTATIONS EN MATIÈRE DE TRANSHUMANCE  (TEXTES DE LOIS)

 

Les transhumances intra-pays  et transfrontalières  sont  règlementées  par  un éventail de lois,  décrets, arrêtés, décisions et règlements  pris  tant  au  niveau  communal, national  qu’international.  Ces textes légalement établis sont sujets à de nombreuses confusions liées  à  leur  contenu,  à  leur cohérence d’ensemble, à leur vulgarisation, au niveau  de compréhension  des  acteurs,  des applications  qui  en  sont  faites,  de  leur abrogation ou non (Djohy, 2010).

 

Textes communaux   

Dans toutes les communes  concernées  par  le  phénomène  de  transhumance,  les mairies de  ces dernières  prennent des arrêtés pour  réglementer  la  transhumance  sur  leurs territoires.  On  peut  citer :  l’arrêté N°54/024/MKDI/SG/SGA/SA  du  27  juillet 2006,  portant  Création,  Composition  et Fonctionnement  de  Comité  Communal  de Transhumance  de  la  Commune  de  Kandi ; l’arrêté  N°014/M-CKM/SG/BAGD  du  1er Octobre  2004  portant  réglementation  de  la vaine  pâture,  de  la  garde  des  animaux domestiques  et  de  la  transhumance  dans  la commune  de  Karimama ;  l’arrêté  N°16/M-CKM/SG/BAGD du 20 octobre 2004, Portant Création,  Attributions  et Fonctionnement  des Comités Communaux, d’Arrondissement et de Village,  de  Prévention  et  de  Gestion  des Conflits  Eleveurs-Agriculteurs  dans  la commune  de  Karimama    et  l’arrêté N°54/024/MOI/SG/SGA/SA du 16 septembre 2009,  portant  Création,  Composition  et Fonctionnement  de  Comité  Communal  de Transhumance de la Commune de Ouinhi

 

Textes nationaux 

Au  niveau  national,  les  textes  qui réglementent  la  transhumance  sont :  la  loi n°87-013  du  21  septembre  1987  portant réglementation de la vaine pâture, de la garde des  animaux  domestiques  et  de  la transhumance ; l’arrêté Interministériel  1992-N°010/MISAT/MDR/D-CAB  du  20  janvier 1992,  Portant  Création,  Organisation, LESSE et al. / Int. J. Biol. Chem. Sci. 9(5): 2668-2681, 2015 Attributions et Fonctionnement des comités de transhumance en République du Bénin ; la loi N° 93- 009 du 2 juillet 1993  Portant régime des forêts en République du Bénin et le Décret N° 96- 271 du 2 juillet 1996 Portant Modalités d’Application de la Loi N° 93- 009 du 2 juillet 1993 ;  l’arrêté  1994 N°0039/MISAT/MDR/DGAR  portant organisation  de la  transhumance 1993-1994 ; la  loi  N°  2002-016  du  18  octobre  2004, portant régime  de la faune en République  du Bénin (Sans  décret  d’application) ;  l’arrêté Interministériel  2006- N°2176/MAEP/MSPCL/D-CAB/SGM/DRH/DE/SA, du 07 juillet  2006 Rendant  obligatoire  et  synchrone  la vaccination des animaux contre la Septicémie Hémorragique  et  la  Péripneumonie Contagieuse chez l’espèce  bovine,  sur  toute l’étendue du territoire national et le décret N°2009-241 du 09 juin 2009 portant création du comité chargé de régler les problèmesrécurrents de transhumance  entre les éleveurs peulhs  et  les  agriculteurs  sur  le  territoirenational.

A ces textes existant, il faut ajouter le code pastoral du Bénin adopté en Avril 2019 qui régit désormais toutes les activités de transhumance et de pastoralisme au Bénin.

Textes de loi téléchargeables

AUTRES PROJETS SUR LE PASTORALISME AU BENIN

  • Programme régional d’investissement pour le développement de l’élevage et du pastoralisme dans les pays côtiers (PRIDEC) en cours de finalisation
  • Programme d’appui à la commercialisation du bétail en Afrique de l’Ouest, Phase I (PACBAO), en cours d’exécution ;
  • Programme régional d’éducation/formation des populations pastorales en zones transfrontalières (PREPP) en cours d’exécution

POINT FOCAL TRANSHUMANCE

Monsieur WOLOU Olawolé est le point focal transhumance pour le PREDIP et représentant le Ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la Pêche (MAEP) du Bénin. Au sein du MAEP, il est le Chef de division Gestion des ressources pastorales et environnementales et Point Focal Transhumance.